I UN CLITORIS DANS LA FORET.
I UN CLITORIS DANS LA FORET
Amandine en a marre. Y en a marre de reflechir. Faudrait que j’ arrete, se dit-elle. Elle telecharge une tonne d’ informations pour le moment
x. Le moment ou elle sera ailleurs, dans le morvan. Elle boit de la biere en ecoutant les Sparks. La regression est logique. Quitter lille, ville de merde, necessite une periode d’ intense lethargie. Elle aura 24 ans dans deux ou trois jours, elle ne sait jamais quel jour on est. Elle est lente, tres lente. Meme les enfants la narguent. Ce dechirement elle l’ a choisi. Elle a trop d’ orgueil pour reculer. Pourtant elle fume. Elle s’ evertue a pacifiquement virer un a un chaque caffard de l’ appartement, car c’ est ses copains. Elle s’ evertue a ecouter de vielles emissions radiophoniques pour que sa nonchalence soit utile quelquepart. Elle s’ evertue a se bourrer la gueule chaque soir afin de chier autrement que par son trou du cul, fortement impressionne par le dernier passage de Con. Elle en a marre d’ etre elle. C’ est ainsi qu’ elle est fiere d’ etre encore interpellee “soldat ryan” par les racailles du quartier. Elle ne sait pas trop quoi dire a ses copains de Lille et Paris. Je m’ en vais. Faut quand meme les prevenir, on sait jamais qu’ ils soient
interesses. Pourquoi ne serait-elle pas il? Pourquoi elle, toujours elle... Elle ne se reconnait nulle part. A part Nietzsche qui est mort depuis longtemps. Et encore... Elle aimerait bien le niquer. Encore faudrait-il se recoltiner tous ses bouquins... Elle aimerait bien se taper une femme pas gouine. Pour changer... Elle aimerait recueillir et non plus cueillir. Ereintante la cueillette. “Allez, donne moi ta seve, sombre idiote” pense-t elle lorsqu’ elle croise une “femme”. Elle a trop frequente les hommes mal baises et en retire quelques lacunes. Elle n’ignore pas son cote singe. Elle a banalise depuis plus d’ un an le miroir. Elle a meme montre sa chatte a un public facho. Aucune experience n’ est a banir, pourvu que ce soit joyeux. La fete. La fete est l’ occasion de... Mais n’ est pas terrible, dans le sens que tu veux. Amandine est contente car elle a invente le crut. Elle s’ extasie chaque jour, chaque nuit de sa propre odeur, de sa propre satisfaction. Amandine est autiste. De plus en plus. Est-elle jolie? Il parait. Elle s’ en fout. Elle a donne son corps a la science, a sa science, et sa science est le crut. Elle reve de sa vieillesse, se demandant si elle aura encore envie de baiser. Elle a juste envie qu’ on regarde son clitoris et qu’ on en prenne soin. Elle veut juste etre embrassee grandement. Elle est ravie de ses nouvelles formes. Elle trouve injuste que son clitoris ne soit pas visible a cause des poils. Il devrait se dresser aussi fierement que le sexe des hommes... Elle est impudique. Elle le sait depuis peu. Avant elle s’ en foutait. Le crut ne peut etre pudique. C’ est pour ca qu’ elle s’ en va. L’ impudique suscite des jalousies qui la depassent. Amandine aime le corps. Elle aime la chair et tout ce qui s’ ensuit. Elle aime la merde et l’ haleine. Elle aime la mort aussi. Elle aime aimer et elle aime etre nue. Elle aime se courber et se tendre. Se raidir. Elle aime tout. Elle aime qu’ on la prenne en photo. Elle aime chanter ses chansons. Elle aime s’ imposer et elle aime les surhommes... Elle aime s’eparpiller. Comme les insectes volants. Elle aime la basse electrique. Mais qui sait? Peut-etre que bientot ca changera... Le clitoris d’ Amandine est dans la foret et son corps et le reste, s’ il y a un reste, veut la rejoindre. Dans la foret il y a les reves d’ Amandine. Il y a sa peau. Il y a son odeur. Il y a le rock.
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